La vie n’est qu’une suite de décisions qui nous font changer de route. Risquer nous la fait découvrir.

Dans quelques jours, je m’apprêterai à faire prendre un tournant différent à ma vie. Par amour et parce qu’après 20 ans, je peux enfin dire que j’ai trouvé mon équilibre, je partirai rejoindre l’homme qui fait de moi la femme que je suis devenue en partie, parce que ce que je quitte a aussi fait de moi cette femme. Cette décision ne vient donc pas sans déchirures. Je quitte ma carrière en enseignement après 21 ans, la région qui m’a accueilli lorsque j’ai quitté la France, ma famille présente quotidiennement, mes ami(e)s qui ont enduré des tonnes d’histoire abracadabrantes dans le téléroman de ma vie et surtout mes enfants, ceux pour qui je donnerai tout. Croyez-moi, de l’introspection, j’en ai fait.

Je connais le départ parce que je lai vécu, j’ai quitté mon pays et tout ce que je connaissais du haut de mes 16 ans; ma mère a, elle aussi, fait ce choix qui nous a appris à ma sœur et moi le mot séparation pour la première fois. Je sais ce que c’est et ce qui rend mon expérience différente.
Quitter lorsque c’est votre choix devient plus facile certes mais tout aussi chargé en émotions. Je crois que nous sommes tout simplement attachés. Certains le seront à du matériel, d’autres à des amitiés de longue date, ou encore des considérations financières ou un travail sécurisant, stable, bien rémunéré aux conditions parfaites. Et majoritairement, à chaque lieu, personne, moment qui nous rappelle le chemin fait jusque là.

Alors qu’est-ce qui nous fait choisir? Le goût du risque? Peut-être bien. Chacun a un niveau d’acceptation différent de ce qu’il devrait être. Je crois que le risque se mesure à nos expériences de vie; plus tu en as pris, plus tu en prendras facilement. Peut-être est-ce aussi la voix, celle qui te parle, qui te fait ressentir un malaise grandissant et qui t’appelle à autre chose. Un coup de tête? C’est possible de se lever un bon matin et de se dire ça suffit, je laisse tout tomber et je reprends à zéro. Cela ne sera jamais à zéro car tout ce que vous avez appris et accumulé est justement ce qui vous sert de guide.

Et puis il y a ceux qui vous diront que c’est de la pure folie, de l’égoïsme à l’état pur. Pour moi, c’est la vie tout simplement. J’ai toujours foncé, parfois trop vite et je me suis déjà dit que je regrettais tel ou tel choix mais avec le recul, ces choix m’ont amené exactement là où je voulais être, même si le parcours fut long. Est-ce que cela reste difficile? Bien évidemment car le départ est toujours lourd de conséquences, dont je suis bien consciente. C’est ça choisir, c’est jouer à la roulette. Tu fais une prédiction mais personne ne pourra te dire sur quoi tu vas tomber. L’excitation du « guess », l’attente de la finalité et oui peut-être la déception; un bon ami m’a déjà dit : « Nath, je suis sur la falaise et j’ai le choix de rester là et brûler au soleil ou sauter en bas ». Alors, moi, je saute. Le conjoint de ma sœur est subitement décédé à l’âge de 37 ans cette année. Alors est-ce que je regrette de vivre et d’essayer des choses? Non.

On m’a également dit que je sacrifiais tout pour un homme. Qui a parlé de sacrifice? Si sacrifier est délibérément laisser partir pour atteindre autre chose alors oui, je sacrifie volontiers et je choisis moi. Peut-être est-ce là l’égoïsme que vous voyez.

À vous, je peux bien vous l’avouer. La partie du départ qui fait le plus mal c’est la séparation physique de mon cocon à 3. Mes enfants ne seront jamais seuls, je leur ai donné tout ce qu’il fallait pour être prêts à affronter la vie, à comprendre qu’il ne faut pas hésiter si une occasion se présente même si c’est loin, même si c’est dans la peine. Elle sera temporaire, je le sais, elle sera remplie de frustrations, de colère, de peur de l’abandon, d’inquiétudes, je le sais aussi mais l’amour, le vrai, le pur, celui d’une mère à ses enfants ne se perd pas. La raison est essentielle car il ne faut pas faire les choses n’importe comment, un départ ca se prépare mais le cœur, mes amours, ne vous mentira jamais.

Alors, à tous je vous le dis, je quitte heureuse, avec quelques larmes éparpillées au gré des dernières rencontres, des mots échangés et des sourires. Si vous devez retenir quelque chose, c’est que le bonheur nous appartient, il es teinté de nos choix et se définit par ce que nous sommes quotidiennement. N’ayez pas peur d’oser et surtout n’écoutez pas trop les « oui mais… » et les « si…».

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