Toutes les mamans sont imparfaites. C’est ce qui fait qu’elles sont vraies.

Des fois elle m’énerve, même souvent, autant que lorsque j’étais adolescente ou maintenant que nous vieillissons ensemble. Elle se pointe toujours avec sa trop grande bonne humeur dans des journées où la mienne veut se cacher dans un trou; je ne sais pas comment elle fait, mais l’atmosphère change subitement. Elle parle sans arrêt de tout et de rien et d’insignifiances qui me font lui répondre « hum hum oui». Elle se répète, elle oublie, se mélange dans les jours de la semaine, pense beaucoup trop, pour tous. Une maman, c’est ça. Je le sais parce que j’en suis une, pis qu’à mon tour, je fais endurer ça!

Une maman, ça a peur de se tromper dans ce qu’elle nous dit ou comment elle le dit mais le fait quand même; une maman, ça nous remplit notre frigidaire tout d’un coup qu’on n’ait pas assez de bouffe; une maman, ça ne veut pas qu’on se batte mais proclame qu’il faut se défendre; une maman, ça s’inquiète si on ne l‘appelle pas même si ça fait 15 minutes qu’on est parti; une maman, ça n’aime pas nous voir triste, et nous dit d’être forts même si son cœur pleure pour nous; une maman, ça a peur qu’on se fasse pas d’amis, alors ça nous inscrit dans tout partout; une maman, ça a peur qu’on tombe mais nous laisse aller sur nos petites roues de vélo; une maman, ça veut qu’on soit polis en nous faisant des gros yeux mais sourit quand on pète; une maman, ça fait des tâches ménagères, en répondant au téléphone, en brassant une soupe et en jetant un œil sur les devoirs à l’intérieur du même 60 minutes mais ça vous parle du lâcher prise.

Ma maman, c’est celle qui a changé de pays par amour, qui s’est cassé la gueule par amour, qui s’est relevé à chaque fois, pour l’amour, l’amour de son intégrité, dans les sacrifices et les pertes. Pourtant, c’est la plus forte combattante qu’il m’ait été possible de connaître. Mon jugement est sûrement biaisé, c’est la mienne mais si vous voyiez la fougue qui habite cette femme, la détermination qui l’a emmenée là où elle est, la folie qui s’empare d’elle après sa coupe de champagne si prisée, vous voudriez qu’elle devienne la vôtre quelques instants.

Je ne sais pas si je suis une bonne maman. Nous faisons toutes ce que nous pensons être le mieux pour nous-mêmes et pour eux. Trouver l’équilibre entre la femme et la mère est une tâche bien difficile et rien ne peut nous y préparer. C’est là le défi d’être une maman; nos enfants nous offrent toujours une boîte grande ouverte, de bonheur ou de petits et grands malheurs mais remplie d’apprentissages, de leçons, de coups de gueules et de coups de foudres. Ma maman ne m’a pas enseigné cela; je l’ai regardée tout simplement, j’ai retenu ce que j’y voyais de vrai ou rejeté parfois et peut-être trop souvent ce qui, pourtant, était bon. C’est ce qu’elle m’a donné de meilleur, la reconnaissance et l’acceptation de l’imperfection.

Les mamans reçoivent les câlins, les « j’t’aime ou j’t’aime pu!», les plats tupperware vides, les larmes au bout du téléphone, mais elles reçoivent rarement tous ces mots d’amour pur qui sont si durs à sortir parce qu’on ne sait pas comment leur dire, parce qu’on les retient en dedans, parce qu’elles sont des femmes comme nous, avant tout; alors les bouquets de fleurs, le parfum et les brunchs restent plus faciles et puis c’est correct car les mamans savent tout! Les chemins de nos mères et les nôtres ne doivent pas obligatoirement se ressembler mais à la toute fin, lorsque nous serons proches du départ, nos mains croiseront leurs doigts et nous nous reconnaîtrons.

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