Le décompte est commencé. 2 mois à la fois sans mon complice. 730 jours à m’appeler conjointe d’expatrié, 17 520 heures à vivre notre nouvelle aventure.

Ouaip! C’est NOTRE choix, pour toutes sortes de raisons valables à nos yeux, moins évidentes pour d’autres mais ce sont nos vies maintenant et on assume, presque tout le temps. Pis moi, j’avais envie de vous la faire vivre cette aventure, vous la raconter, à vous, mes lecteurs. À ma façon, comme d’habitude, avec mes perceptions, mes émotions, mes frustrations et tout ce qui vient avec. Un genre de ‘’téléroman/documentaire/tranche de vie’’ pour vous évader, vous faire comprendre et peut-être bien ventiler dans mon cas, soyons honnêtes! Bien plus palpitant que les ‘’Feux de l’amour’’, promis. Bienvenue à Kamsar.

C’est où ça la Guinée?

Commençons par ça. Je suis comme vous, je me suis dit ok c’est en Afrique mais où? Donc, on a « Googlé » comme tout le monde pis on a trouvé. Chouette, c’est sur le bord de la mer. OK. Après on a « YouTubé », d’un coup qu’on verrait ça de par en dedans du pays, locaux et traditions au menu. On a réussi un faire un tour de scooter en version accélérée. Première réflexion : belle végétation, de l’asphalte – pas d’asphalte et des petits villages bien cute. Bon ben tout est parfait. On signe le contrat pis l’homme fait ses bagages, des gros bagages parce que c’est deux ans qui vont changer notre route, une tit’affaire!

La plus originale des Saint-Valentin

On fait jamais les choses comme tout le monde depuis un petit bout mais là, on a fait fort. Un 14 février qu’on n’oubliera jamais. Quoi de mieux pour fêter ça que de conduire  l’autre partie de mon duo vers sa nouvelle destination. J’étais prête. On avait organisé dans les dernières semaines le nécessaire -net à moustique, crème solaire, vêtements, médicaments et même un peu de lecture- tous les au-cas- où! Ça rentre pas dans une seule valise, je vous le confirme. La gestion administrative du couple y est passée aussi : paperasse, procuration, comptes à payer, calendriers, testament (ça fait morbide mais bon, on est prévoyant). Ça m’a pas empêché de pleurer ma vie ce jour-là. J’ai réalisé qu’il ne reviendrait pas en fin de semaine. J’ai mis mes lunettes de soleil pour pas que ça paraisse (j’ai de l’orgueil quand même) pis je suis repartie chez nous, avec mon petit bonheur un peu effacé sous le bras. Sans lui.

Ma vie en différé

Ou la version de ma vie en mode décalage horaire. Premièrement, l’attente dès le moment où j’ai remis les pieds chez nous. Attendre qu’il y ait du wifi dans les aéroports, attendre que «Mytrip » me dise où il était rendu, attendre de lui voir la face, attendre que Facebook me « cling » une notification, devenir totalement dépendante d’Internet.

Enfin le voir après 48 heures d’avion. Yahoo et BANG dans les dents. Émotions conflictuelles : être très heureuse et très consciente subitement que c’est pour de vrai, quand il est assis sur une terrasse d’un hôtel, en pleine nuit, entouré de Guinéens. Premier moment où je lui laisse pas voir que je capote littéralement. Oui, lui aussi, il vit les mêmes choses alors on apprend à filtrer ce qu’on dit d’un bord et de l’autre. Première leçon, check. Alors, je me réadapte à n’être plus 4, à souper à 3, à organiser pour 2 et à dormir à 1.

Nous n’avons aucune idée de tout ce que ces mois nous réservent. Nous vivons à coup de décompte de jours, d’anecdotes, de planification du prochain ‘’off ’’. Ça faisait partie du contrat. Nous ne sommes pas malheureux, on l’a choisi, je me répète. Est-ce que ce sera difficile? C’est sûr, on le savait. Est-ce qu’on s’ennuie de l’autre? Absolument. Là réside notre force, notre beauté et notre originalité. Parce que, faut se le dire, faut être un peu fou et beaucoup amoureux pour devenir Mr et Mme Expat.