Ce fut bon, même très bon ; court, même trop court. « Une fois dans une vie » a pris tout son sens dans ce moment. Loin de nous les sacrifices qu’impose notre vie d’expatriés. Dans ce voyage, il y avait la redécouverte de l’autre et de nouveaux souvenirs à cultiver. On a mis une parenthèse sur tout le reste et des majuscules à nous.

Bonheur et simplicité

Décollage. On se suit à distance à travers nos transits, nos décalages horaires et nos aéroports via le « Dieu wifi » qu’on réussit à avoir. C’est moi qui arrive en premier alors je m’assure de me reposer, question de ne pas avoir l’air d’une vieille chèvre à son arrivée et plutôt de la Belle au Bois Dormant, avec une petite touche femme de maison qui lui achète son petit dèj (il faut toujours bien nourrir son homme). Lorsqu’il a fini par passer la porte de notre appartement, j’avais l’air d’une ado devant son idole ; un peu gênée, pas trop articulée, légèrement simplette du cerveau et beaucoup amoureuse. Ma vision pseudo-philosophique du couple (en tout cas du nôtre) ? La distance crée l’ennui, l’ennui crée l’amour.

« Le bonheur, il est où ? … »

Il est là lorsque nous pouvons enfin parler pendant des heures de notre avenir, nos projets, nos peurs et nos doutes aussi ; il est là lorsque nous retrouvons nos fous rires, nos blagues imbéciles et nos « tu m’énerves » affectueux ; il est là dans nos siestes de fin de journée, dans nos corps collés et nos mains unies. Il est dans la simplicité de nos apéros improvisés et de nos bouffes sur le pouce, dans faire l’épicerie ailleurs et laver son linge comme on peut, dans se laisser aller au hasard et ne plus réfléchir. Être en voyage, c’est retrouver une routine de vie à travers les moments partagés et les silences bienfaiteurs. C’est définitivement retrouver la symbiose. Apparemment que la routine tue les couples, pas le nôtre. C’est ce qui nous manque le plus quand t’es Mr ou Mme Expat. Elle nous ramène à l’essentiel, ce qui fait que tu te rattaches aux petits riens du quotidien.

L’après-retrouvaille

Lors de mon long périple de retour, j’ai rencontré un autre expat. Attendre un vol étant la seule chose qu’il nous restait, on s’est un peu raconté nos histoires. Paradoxalement, l’anonymat d’un aéroport provoque la proximité. Il a fini par me dire : « Je ne me plaindrai jamais plus, je ne sais pas comment vous faites ». Et bien, on fait, tout simplement. Tu sais que tu vas te remettre en mode fuseau horaire, qu’il va falloir que tu te réadaptes quelques jours. Mais il s’est passé quelque chose que tu n’avais pas planifié. L’assurance que tout ira bien et que ces jours où tu croyais devoir être en mode stand-by pour un long moment, te permettent non seulement de te réaliser en tant que personne à part entière mais aussi de bâtir encore mieux ton NOUS.